Un grain de folie à partager, quelques idées à semer, beaucoup de couleurs à ajouter...
Le jardin des arts est l'endroit où les passions se rencontrent, avec pour terrain commun un jardin fleuri...
et un goût du naturel certain !
Et quand cela est saupoudré des malices d'une créature des chemins,
cela donne ça...
Bienvenus !


11 sept. 2013

Dernier tour au jardin de l'été

Un peu plus d'un mois que je n'ai rien publié, j'aurais aimé vous dire que c'est parce que j'étais partie au soleil, mais hélas, non. Les vacances ont été annulées, les projets retardés, l'été s'est écoulé entre tempêtes naturelles et catastrophes psychologiques. 
Mes derniers billets avaient sans doute un peu pour vous l'arrière-goût de ce qui se passe quand la vie n'est pas facile, et j'en suis désolée. J'ai dû m'éloigner un peu de vous, pour tout un tas de raisons. Néanmoins, j'ai repris ces derniers jours le contact avec les vôtres, de vies, et leur douceur m'a fait du bien. Les nouveaux défis de Virginie, les questionnements de Valou, les belles floraisons de Laly, les chaises musicales de Lydie, les balades de Marie, les douces couleurs de Louli, les combats de Sylvaine, les visites de Nicole, les associations de Geneviève, les voyages de Malo...
Je me suis attristée aussi pour Sophie (reviens-nous vite, je t'en prie ! ).

J'ai tout vu, tout lu, je me suis rengorgée de vos images jusqu'à que le sourire revienne.
En attendant, le Jardin des Arts a besoin d'une pause, le temps de remettre en place toute une vie chamboulée. Le temps de retrouver le chemin du jardin dans des bottes confortables, si possible. Je ne finirai pas en ce mois d’août avec mon dernier article "Hors-sujet", qui devait honorer le travail accompli par ces mains d'hommes qui nous aident tant, malgré le fait que l'on rage de ne pouvoir se débrouiller seule. C'est un peu au-dessus de mes forces. 
Je pars m'aérer dans l'est de l'Europe, appareil photo à la main, avec je l'espère l'envie à mon retour de vous faire partager quelques images de quelques jardins secrets. L'occasion pour moi de faire naître une nouvelle rubrique comme à chaque début de rentrée : "Jardins d'artiste" avec chaque mois une visite de jardin.

En attendant, quelques photos en cette fin d'été qui s'étire avec langueur...

 

Je vais programmer pour chaque semaine un billet de "Dimanche photographie", pour vous garder un peu avec moi...
Je vous souhaite deux bons mois pleins de surprises, de floraisons, de joie de vivre, et de bonheur, surtout, au quotidien.
A bientôt !


29 juil. 2013

Moi en 1999...Hors-sujet ? mais non.... #9

Je ne vais pas faire dans l'originalité aujourd'hui, c'est mon anniversaire, il ne faudrait non plus que j'ai trop à travailler. Une belle idée avait circulé sur les blogs de tout genre, il y a quelques semaines, et cela m'avait beaucoup plu. Cela avait commencé chez La défraichie (ce n'est pas un blog jardin, je vous  préviens, mais je l'adore), et j'avais ensuite parcouru quelques petits billets à droite à gauche, un peu émue, souvent amusée. Alors c'est à mon tour, je vais écrire à la jeune fille que j'étais à 16 ans. A la sauce jardinière, bien sûr.

"Chère Stéphanie,

Tu as 16 ans aujourd'hui. Je sais, oui je sais que les années que tu vis ne sont pas les plus faciles à vivre. Le lycée, les interrogations, et la sensation de ne jamais se sentir à sa place. Tu sais quoi ? Je crois que la plupart des gens autour de toi ressentent la même chose, rassure toi. Même si tu aimerais trouver les bonnes réponses, j'ai une mauvaise nouvelle, il n'y en a pas. Mais ce n'est pas si négatif que ça, ça signifie que tout est possible. Tu veux être styliste, avocate, delphinologue, archéologue, architecte d'intérieur, chirurgien, psychologue...Change autant qu'il le faudra, c'est ce qui te construit. 
Un jour, tu auras 30 ans, et tout cela ne t'aura pas empêchée de trouver ta voie.

Regarde toi, tu es quelqu'un de passionnée, le manque de confiance en toi te joue beaucoup de tours, et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Mais heureusement, tu as tes rêves bien ancrés. N'écoute pas les gens qui te disent que tu es nulle. Oublie les, relève la tête. Garde tes rêves tout au creux de toi, et ne crois pas ceux qui disent qu'il faut redescendre sur terre, ils ont tord. 
Un jour, tu auras 30 ans, et le besoin de rêver sera toujours là, je te promets, et t'aidera à avancer.

En parlant de passion, quelque chose a germé en toi, il y a quelques temps. Une belle passion qui grandit, t'accompagne, prend toute la place. Tu sais de quoi je parle ? Je suis sûre que non : c'est inhérent au vrai plaisir, on ne programme rien. Et pourtant, tu plantes, tu apprends le nom des fleurs, tu déplantes, tu souris. Si, je le sais, n'essaie pas de nier, et ne pense pas que c'est idiot, ou bizarre, ou ringard d'aimer jardiner à ton âge. 
Un jour, tu auras 30 ans, et les bouts de plantouille que tu mets en terre aujourd'hui sont les trésors que tu admireras, avec fierté et émotion. 

Beaucoup d'autres passions t'animent, et je sais que tu crois que tu t'éparpilles, que tu n'es pas assez tenace. Mais un jour, le dessin, l'écriture, la création, tout ce que tu aimes de différent vont se réunir en quelque chose de si logique et parfait que tu en seras surprise toi-même. Et le jardin sera au creux de tout ça, même si je sais que tu n'y penses pas encore.  Alors continue à dessiner, écrire, créer et jardiner. Ne t'en éloigne jamais. 
Un jour, tu auras 30 ans, et tes passions seront devenues encore plus importantes pour toi. Tu comprendras pourquoi. Je ne vais pas tout te dire aujourd'hui, je te laisse la surprise.

Et puis enfin, je sais que tu ne t'aimes pas trop, que tu te trouves empotée, pas très jolie, et mal dans ta peau. Cela t'éloigne des gens, tu ne sais comment leur parler. Je te le promets : ça changera. Tu vas me prendre pour une vieille radoteuse (non, 30 ans, ce n'est pas vieux...) mais laisse tes mains dans la terre le plus longtemps possible, cela va beaucoup t'aider. Cela parait incroyable, mais gratter et planter va t'apprendre à te connaitre et ce sera un jour pour toi la source même de ton équilibre. Tu y trouveras le sourire, et il ne te quittera presque plus. Tu vas apprendre à t'aimer un peu plus pour ce que tu es, et surtout tu vas apprendre à aimer les autres.
Et un jour, tu auras 30 ans, entourée par les gens que tu aimes. Ceux de toujours, ceux de plus tard, tu sais, les gens partent, reviennent, ou non. Tu auras 30 ans, je ne te garantis pas que le bonheur sera entier, mais je peux te promettre que tu aimeras la vie comme tu ne peux même pas imaginer.

Je te dis à bientôt, je penserai à toi souvent. Si je pouvais, je te serrerai dans mes bras. 

Stéphanie.

PS : je vais essayer de ne pas te décevoir, je me bats tous les jours pour ça. "

Je vous imagine penser à votre vous de 16 ans...vous étiez déjà des jardiniers/ères vous ?

25 juil. 2013

Les poules et un prédateur

Un billet un peu tristounet aujourd'hui, enfin pour moi en tout cas. Je vous ai déjà parlés de mon poulailler et de mes deux poules naines adorables. Et bien, si Paillette affronte les années telle un roc infaillible, ses compagnes sont moins chanceuses hélas. Ma petite Touillette n'est plus de ce monde. Difficile de rester sobre avec des noms pareils, mais ça ne m'a pas empêchée d'être triste comme tout. Surtout que c'est de ma faute, j'ai été négligente. Enfin, c'est aussi de sa faute, à lui :

Voilà, le pépère a bien grandi, et ne tolère aucune bestiole étrangère dans le jardin. Pas de violence sanguinaire ni festin d'horreur, juste la fin administrée je ne sais comment, je n'ai pas envie de savoir d'ailleurs...C'est embêtant, moi qui aimait voir mes poulettes se balader en liberté, je ne peux plus le permettre. Je me dis que c'est provisoire, le temps qu'il comprenne (Mamzelle Loa aussi était brutale avec les autres animaux étant bébé), mais ça me chagrine un peu. Et puis, ma Touillette était tellement adorable, elle me suivait partout, jardinait avec moi...Bref, je ne vais pas trop m'épancher : je ne sais que trop que les amoureux -certains diront excessifs, mais je vais me mettre en colère- des animaux paraissent ridicules auprès des "autres" gens, à coup de "ce n'est qu'une poule", "ce n'est qu'un chat". Mais tout de même, je suis triste, voilà tout. 

L'occasion pour moi de vous parler prochainement des prédateurs des gallinacés, qui sont plutôt répandus, même en ville. J'y reviendrai dans un second billet; en attendant, je vais aller voir si Paillette va bien. Elle est avec nous depuis 3 ans maintenant, bravant vents et marées (Monsieur l'artiste l'a affublée d'un drôle de surnom, pour me rendre le sourire : 'Survivor'...). Et je vais regarder de quoi me consoler sur le bon coin afin d'accueillir deux nouvelles poules naines.
La vie au jardin continue. 

22 juil. 2013

Avant-Après : le massif des fées

Le temps me manque, mais le jardin n'attend pas ! 
Un autre avant-après que j'aime beaucoup, toujours sur la terrasse : le massif des fées. Vous pouvez allez voir la mise en place de ce massif ici. Je le voulais un peu fouillis, léger et aérien comme dans une peinture impressionniste. Avant, je partais de rien ou presque, puisque ce petit massif (1 mètre carré environ) n'existait pas : j'ai empierré (ouille le dos !) et comblé le centre de terre : 

Après : 

Une sauvageonne s'est invitée au bal, et comme je l'aime beaucoup et qu'elle était bien placée, je l'y ai laissée : la bourrache a pris ses aises. Ce qui me fait dire que je vais surement déplacer le nepeta à la place, quand ce sera le moment, pour garder ce "brouillon" bleu. Un petit aperçu de l'évolution entre juin et juillet :


On s'approche un peu ? 

Encore un peu....



Alors, vous les voyez, vous, les fées ?

10 juil. 2013

Mariages de juillet

Coloré ou parfumé... 

Affalé ou redressé... 

  Piquant ou velouté... 

 Pointu ou rondelet... 

Détonant ou languissant mariages d'un jour et de toujours.

Le soleil ne nous quitte plus. Il fait beau, il fait chaud, le jardin s’habitue, peu à peu, mais forcément, les couleurs s'en trouvent un peu atténuées. Pourtant, en y regardant de près, je continue de savourer quelques mariages, ceux, pour une fois, qui ont été longuement réfléchis et préparés. 
J'aime les échanges de couleurs avec les spirées ('Magic Carpet' ou 'Gold Flame'). J'aime les feuillages vifs au contact de voisins argentés (fétuque 'Elijah Blue' ou artemesia 'Powis Castle'). J'aime le nepeta qui se prête au ton sur ton avec simplicité (avec les épis de la véronique ou le stachys). J'aime les feuillages des hostas (tu as vu Geneviève, ils se portent à merveille !) qui s'accordent entre eux et avec tout (acer shirasawanum 'Aureum' ou hydrangea 'Spreading beauty'). Et, je ne pensais pas dire cela un jour...mais j'aime les rosiers si surprenants de diversité que l'on ne peut que craquer...

Et vous, quel mariage vous préférez ?

21 juin 2013

Moi et mes souvenirs...Hors-sujet ? mais non.... #8

Il y a des périodes de votre vie où il fait bon se raccrocher à quelque chose. Les moments de doute, les passages à vide, les frousses et changements de notre existence...Je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvée là, dans cette intervalle d'enfance, qu'est le jardin de mes parents. C'était une fin d'après-midi, il faisait beau, et mes jambes ont retracé avec mon âme les chemins de mes souvenirs. 

Le vieux puits, dans lequel je venais puiser l'eau, rien que pour le plaisir. Pour mes chiens, pour me rafraîchir le visage et les bras, pour arroser le massif juste à côté, le premier que j'ai créé. Une spirée, un céanothe, des véroniques, des bugles rampants, des achillées...Quelques plantouilles achetées avec mes petits sous gardés précieusement, des morceaux de végétaux que, parfois, je suppliais mes parents de m’offrir, de mes yeux larmoyants savamment travaillés...

Quelques pas dans le jardin, enfin, le parc plutôt, avec sa taille peu compatible avec l'emploi du temps de mes parents...Un entretien gigantesque, des tailles encore à faire, des tontes toujours à renouveler, inlassablement, ces difficultés qui le rendent toujours un peu sauvage. Et l'émotion au bout des yeux, qui regardent le soleil jouer avec les feuillages. L'émotion au bout des doigts, qui caressent les écorces déjà maintes fois caressées, celles des chênes qui ont grandi en même temps que moi, parce que mon père voulait en faire une forêt. L'émotion au bout des mots, qui répondent au joli discours d'un oiseau, un rouge gorge, j'aime à me dire que c'est toujours le même depuis toutes ces années. L'émotion, partout, en fermant les yeux et en inspirant les odeurs du jardin qui se mêlent en un parfum extraordinaire.

Quelques pas autour du kiosque, une idée à moi, encore, que mon papa a bien voulu réaliser de ses mains de magicien. Je ne savais pas alors que je construisais comme un temple d'amour. Les roses et les clématites, la mousse au sol, ce petit paradis qui a accueilli les voeux et l'échange d'anneaux de deux amoureux, Jérôme et moi, il y a deux ans. Les sourires et les larmes de joie qui en imprègnent encore les lieux. Faire le tour, rentrer dedans, se dire que les clématites ne sont pas en si mauvaises compagnie. Arracher tout de même une ou deux mauvaises herbes; et se dire qu'il faudra revenir, pour tout enlever.

Quelques pas encore, au rythme du vent, au rythme du temps. Et ma main sur l'écorce, encore, de l'arbre que j'ai planté, plus de 15 ans auparavant. J'ai toujours su qu'il y arriverait, malgré ce qu'on me disait. Le voir grandir, un mètre, 3 mètres,10 mètres, et en être fière. Se souvenir du froid de l'hiver 2012, entourer son tronc de mes bras, en fermant les yeux. Et il repousse, qui en doutait ? Je caresse du plat de la main les nouvelles tiges et ses feuilles bleutées...Je poursuis, longe un massif de sous bois que les géraniums vivaces ont colonisé. Je n'en avais planté qu'un ou deux, pourtant. Ou trois ? Je ne sais plus. Être surprise de la taille qu'a pris le buddleia ici, la spirée là bas...

Mais quelques structures sont cassées, le rosier grimpant est couché. Il fleurit comme jamais, pourtant. Qu'il est beau, je le dis à voix haute, pour qu'il l'entende. Aller voir du côté des jardinières, pas une idée à moi, pour une fois. J'étais sceptique, mais bon, se dire que ce n'est pas mal ce qu'en a fait mon père. Et je les ai remplies, de bouts de plantouilles bien vaillantes. "Pas trop haut hein", me disait mon père. Je n'ai jamais compris pourquoi, pour voir le jardin, il m'explique. Bon, d'accord. Planter des géraniums,  encore, des myosotis, et bon, sur le côté, mettre quand même une véronique, haute, bleue, belle. Mon papa a râlé, mais elle est toujours là. 

On m'appelle. Le jardin m'appelle. Faire un détour par le sous bois. Je lève mes yeux vers les chênes, me nourris de vert, de lumière, de joie. Garder le regard vers les cimes, longtemps, avoir mal au cou, mais continuer quand même. Je voulais grimper en haut, un jour. Je me disais "quand je serai plus grande". Etre plus grande, mais se rendre compte que ce n'est toujours pas possible. En être heureuse. Encore un rêve à ajouter sur la liste. 

Et la campagne autour. Les fleurs de sureau. Les sumacs qui émergent un peu partout. Les sapins de nos noëls. La façade de la ferme jamais finie. Le potager pas arrosé. Les melons divins. Les trésors enterrés. Les animaux enfouis.  Le beau poulailler en pierre sans poule dans lequel on enfermait les frangins, pour rire. Et le grand chêne, mon chêne, sa basse branche sur laquelle je passais des heures. Ce jardin m'a construite, il a été le plus beau cadeau de mes parents à l'enfant que j'étais, et que je suis, encore aujourd'hui...


13 juin 2013

Avant-Après : le massif Marie-Rose

Je poursuis dans l'évolution des massifs de la terrasse, avec mon coup de coeur de cette saison : le massif Marie-Rose. Souvenez-vous, avant c'était ça : 

Ah, non, si je dois être rigoureuse dans ma retransmission des faits, c'était plutôt ça :

 A l'automne, après la grosse transformation de la terrasse, j'ai entamé les plantations :

Et j'ai attendu, fait les cents pas devant, me suis mise à quatre pattes et le nez au raz de la terre pour faire émerger les premières pousses...



Et puis, un jour, j'ai ouvert grand les yeux...
C'était fleuri !


Et surtout, mon trésor de rosier et son souvenir qui l'accompagne...je l'ai soigné et chéri toute l'année : 'Mary-Rose' me le rend bien (et dire que l'an dernier je n'ai même pas eu une dizaine de fleurs...)


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